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Comment Il vois le foot en Guinée

-Invité de la semaine- Posté le Lundi 14 mai 2007 à 11:03 
M. Morlaye Mazo Sylla : 
 
International guinéen avec une cinquantaine de sélections, M. Morlaye Mazo Sylla a rendu visite à la rédaction de Kibarou.com, ce week-end pour faire le tour de l’actualité sportive guinéenne, particulièrement le football, qu’il a toujours pratiqué. 
 
Sans langue de bois, nous avons parlé des problèmes qui assaillent le sport dans notre pays, notamment le manque d’un championnat régulier, la migration des jeunes sportifs vers l’étranger, la création de structures d’accueil pour la pratique du sport en Guinée, sans oublier la nomination du nouveau Ministre de la jeunesse, et les futures élections de la fédération guinéenne de football. Président d’une association pour le soutien du sport guinéen à l’étranger, Mazo entend œuvrer pour la restructuration de toutes les disciplines sportives sans exclusive.  
 
Kibarou.com : Bonjour M. Sylla ! Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? 
 
Morlaye Mazo Sylla : Ceux qui me connaissent, particulièrement dans le milieu du sport, m’appellent Mazo. En famille, on m’appelle El hadj, en mémoire de mon homonyme Eh Hadj Papa Yansané, alors médecin à l’hôpital Ignace Deen de conakry. C’est l’occasion pour moi de lui rendre un hommage appuyé. Cela vous suffit-il comme réponse ? D’ailleurs on peut se tutoyer et tu peux m’appeler Mazo. 
 
Kibarou.com : Je te remercie de cette convivialité. Pour revenir à l’entretien, peux-tu nous parler de ta carrière de sportif ?  
 
Mazo : Comme tout jeune guinéen, j’ai commencé à jouer au football dans les rues de Kindia, plus exactement au quartier de «Sarkhoulenyah». Plus tard, j’ai été repéré par Salifou Kallo ‘’Reméter’’, alors entraîneur du FC Gangan. J’ai régulièrement joué en équipe nationale junior et senior, tout en ayant l’honneur de porter le brassard de capitaine.  
 
Kibarou.com : On dit également que tu as joué à l’AS Kaloum… 
 
Mazo : Effectivement j’ai évolué à l’AS Kaloum, suite à l’échec de mon transfert au FC 105 du Gabon. Je dois reconnaître que mon passage dans ce club, tant convoité par tout footballeur guinéen, m’a fait du bien. A Kaloum, ma ville de naissance, j’ai donné une autre dimension à ma carrière. Dois-je rappeler que la multiplication des matches internationaux a favorisé l’éclosion du jeune footballeur que j’étais. Sur ce plan, l’AS Kaloum était le club qui disputait le plus de rencontres internationales, avec son armada de joueurs évoluant au Sily National. D’ailleurs, après les juniors, j’ai porté le brassard de capitaine en équipe nationale senior. 
 
Kibarou.com : Par la suite, tu es parti au FC 105 du Gabon. Pourquoi avoir quitté le club avec lequel tu as été champion pour un autre, certainement moins glorieux ? 
 
Mazo : Le rêve de tout jeune sportif est de voir ce qui se passe ailleurs. C’est ce qui m’a fait quitter Kindia pour venir à l’AS Kaloum, même si je voulais directement aller à l’étranger. Donc, mon arrivée au FC 105 n’était pas en soi, une surprise. Cela étant, je ne vous cache pas l’alléchante proposition financière du Club Gabonais qui n’avait rien à voir avec ce que l’AS me proposait pour me retenir. Aussi, l’idée d’évoluer à l’étranger me donnait une opportunité de faire connaître à la fois mon pays et surtout ma ville, Kindia, qui avait produit de nombreux sportifs tant au football, Basket Ball que du hand….. Sur ce plan, je crois avoir rempli ma mission. 
 
Kibarou.com : quel regard portes-tu sur le football de notre pays ? 
 
Mazo : Tu sais, pour évoluer, il faut comparer. Et lorsqu’on regarde le football des pays voisins, l’on se rend compte que la Guinée n’avance pas. Elle ne stagne même pas. Je dirais qu’elle recule, même s’il y’a eu des avancées ces deux dernières années au niveau de l’équipe nationale. Le mal de notre football, réside essentiellement à l’inorganisation du championnat. Toutes les forces vives, susceptibles d’aider le sport sont concentrées sur la seule équipe nationale de football. On oublie que sans des clubs forts, bien organisés, bien structurés, il n’y a pas et n’y aura pas d’équipe nationale viable. La relative performance du Syli national s’explique par le fait que l’essentiel des internationaux évoluent hors de la Guinée, donc dans des championnats étrangers. J’attire l’attention des dirigeants qu’aucun international étranger n’évolue dans notre championnat. Pour la bonne et simple raison qu’il n’y a pas de compétition susceptible de former les jeunes. C’est pourquoi, ces derniers sont tous enclins à partir pour d’autres cieux, avec l’espoir d’être sélectionnés au Syli National. 
 
Kibarou.com : Penses-tu que l’élection du futur président de la fédération changerait quelque chose à la situation que tu viens de décrire ?  
 
Mazo : Quel que soit le vainqueur, celui-ci devra s’inscrire dans la logique du changement.. Aujourd’hui, l’honnêteté intellectuelle m’oblige à reconnaître que ça n’est pas encore le cas. Les nouvelles qui me parviennent sur ces élections, font état d’un affrontement entre Bruno et Titi. Je crois que ces deux anciens du Syli National auraient dû faire un duo, plutôt que de s’affronter. C’est pourquoi, je t’ai dit plus haut que la fédération devrait regrouper les sportifs. Pour répondre clairement à ta question, je dirais qu’aucun changement n’est possible sans la solidarité dans le bureau de la fédération, sans un projet prédéfini. Rien n’est possible sans conviction profonde et l’amour du sport et de son pays. Je dirais que la gestion du sport de haut niveau ne relève plus de l’amateurisme. Normalement, la future équipe devra fonctionner, du jardinier au Président, comme des vrais professionnels. La renaissance du football guinéen passera par là. C’est évident. 
 
Kibarou.com : Lequel de Bruno et Titi est capable de relever le défi ? 
 
Mazo : Je ne connais pas précisément le programme des deux candidats pour me prononcer ; même si Titi m’avait fait part de sa candidature avant de rentrer en Guinée. En tous les cas, celui qui fera les reformes décrites plus haut, aura ma sympathie et vraisemblablement mon modeste appui.  
 
Kibarou.com : Quel peut être la nature de cet appui ? 
 
Mazo : Cela peut passer par des conseils en tant qu'homme de terrain, mais aussi par l’ONG de soutien et la promotion du sport guinéen à l’étranger, dont je suis le Président.  
 
Kibarou.com : Un mot sur cette ONG… 
 
Mazo : Le sport m’a beaucoup apporté. A la fin de ma carrière, j’estime qu’il est normal que je rende au sport ce qu'il m’a permis de devenir. Nous avons créé cette structure d’aide et de soutien pour un appui au développement de tous les sports. Pas seulement le football. Cela passe par une assistance à la formation des cadres techniciens, la fourniture des équipements, et aussi faciliter le partenariat avec les clubs étrangers. Nous travaillerons aussi sur le retour et la réintégration des sportifs ayant terminé ou échoué à leur aventure sportive. Notre Ong organisera également des matches de bienfaisance dont les recettes seront affectées à la lutte contre le VIH et autres maladies infantiles. 
 
Kibarou.com : Le dernier remaniement gouvernemental a vu l’arrivée de M. Baïdy Aribot comme Ministre de la jeunesse et des sports. Que vous inspire son avènement à la tête de ce département tant important ? 
 
Mazo : L’arrivée d’un sportif à la tête de ce département a été toujours souhaitée. Le choix est tombé sur un jeune ministre qui connaît le football pour l’avoir pratiqué. Ce choix aurait pu échoir à un basketteur, un boxeur ou un nageur etc.… Je me réjouis de la nomination de Baïdy en formant le vœu de sa réussite à la tête du département.  
 
Kibarou.com : Justement le Premier Ministre et le Ministre des sports viennent de poser la première pierre du grand stade de 50 000 places offert par la Chine.  
 
Mazo : Ce projet vieux de trois ans, vient d’avoir un début d’exécution grâce à la volonté du nouveau Ministre des sports, avec l’appui du Premier Ministre. Cela montre la volonté du nouveau cabinet d’avancer dans le bon sens. J’en profite pour remercier la République Populaire de Chine pour ce geste magnifique qui va, à n’en pas douter, contribuer au relèvement de la pratique des sports en Guinée. 
 
Kibarou.com : Un dernier message à passer pour les internautes de Kibarou. 
 
Mazo : Je voudrais remercier l’équipe de Kibarou.com pour m’avoir permis de m’exprimer sur ses colonnes en ligne. J’invite également tous les anciens sportifs de venir en aide aux responsables du sport pour redonner un nouveau souffle à la jeunesse guinéenne. Enfin, mon dernier appel s’adresse aux bonnes volontés, susceptibles de rejoindre notre Ong pour gager le match de la troisième ’’mi-temps’’ qu’est le renouveau du sport national. Pour tout Contact : asprogue@yahoo.fr 
 
Propos recueillis par M’Bemba Galbert 
 
Pour gnakryjeun source Kibarou.com 
 
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